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À l’école à distance… mais sans écran

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Depuis le début de la pandémie, on pense souvent à l’école en ligne comme la seule solution de rechange à l’apprentissage en classe. Il existe pourtant une autre option : l’école à distance sans écran. C’est celle qu’ont choisie Sophie Flammier et Robin Gras. Leur fille Chloé est en 7e année dans une école de Windsor.

Toutes les deux semaines, Sophie et Robin se rendent à l’école de leur fille pour récupérer une pile de feuilles composée de leçons et de devoirs. C’est une routine que Chloé maîtrise désormais assez bien.

On a une sorte de calendrier avec plusieurs périodes chaque jour. Donc on fait le papier associé à cette période. Tous les 15 jours, on donne les papiers qu’on a finis à l’école et on prend un nouveau paquet, explique-t-elle.

La formule choisie par les parents n’est pas la plus facile. Elle exige un certain niveau de maturité et d’autonomie chez l’élève. Chloé en est tout à fait consciente.

Des fois j’ai l’impression que c’est un petit peu plus dur, avec plus de travail que l’école normale. Des fois, je suis obligée de travailler le week-end aussi pour pouvoir finir à temps, indique-t-elle.

J’ai l’impression de travailler plus qu’à l’école normale.

Chloé, élève de 7e année.

Elle relativise néanmoins ces difficultés en songeant aux côtés positifs de la formule. C’est pratique. Je pense que c’est mieux que l’école sur écran, comme ça je n’ai pas besoin d’être toujours en train de regarder un écran, ajoute-t-elle.

Pandémie et surexposition aux écrans

Si la famille a opté pour l’école non virtuelle à la maison, ce n’est pas en raison d’une quelconque forme d’hostilité vis-à-vis de la technologie. Robin Gras, qui est professeur d’informatique, dit avoir cependant constaté les limites du modèle virtuel.

L’année dernière, la première fois que l’école a fermée, tout le monde est passé en ligne. On a vu comment ça se passait. Sans doute que c’est mieux maintenant. À l’époque c’était un peu chaotique. Ça tâtonnait. Ce n’était pas vraiment bien organisé. […] La participation de chaque étudiant était relativement légère. On ne pensait pas qu’ils allaient apprendre énormément de cette manière-là, explique-t-il.

M. Gras craint également une surexposition de sa fille aux écrans alors qu’elle est déjà en contact avec ses amis via les réseaux sociaux. Passer 5 heures par jour, juste pour l’enseignement devant un écran, plus les autres activités qui peuvent se passer devant un écran, ça fait beaucoup, ajoute-t-il.

Outre les craintes en lien avec une utilisation accrue de l’ordinateur, les parents de Chloé s’inquiètent du retour en classe qui ne serait pas suffisamment sécuritaire, selon eux.

Le fait qu’ils [les élèves] se retrouvent tous dans la même classe, que les classes soient relativement chargées, que ce soient des journées complètes, qu’ils doivent enlever leur masque pour manger. Ils se retrouvent tous ensemble dans les mêmes pièces, dans lesquelles ils ont déjà passé des heures. Cela ne nous paraît pas sécuritaire, explique Robin Gras.

Absence de socialisation

Si l’école non virtuelle à la maison offre certains avantages, elle a également quelques défauts. L’un des plus importants c’est l’évidente absence de socialisation pour les élèves.

Chloé fait techniquement partie d’une classe puisqu’elle est assignée à un enseignant comme le sont d’autres élèves. Il n’y pas toutefois pas de communication entre élèves en dépit de la volonté de certains enseignants de rendre cela possible.

Les personnes dans ma classe je ne les ai jamais vues. À un moment notre professeure nous a donné une option sur Edsby [plateforme utilisée pour l’interaction entre élèves et enseignants], faire un groupe de discussion pour parler, mais personne n’a jamais dit quelque chose. Moi j’ai posté un message, mais personne n’a répondu, indique Chloé.

Un choix loin d’être marginal

L’école à la maison non virtuelle ne semble pas être un épiphénomène dans Windsor-Essex. Radio Canada a contacté les quatre conseils scolaires qui opèrent dans la région. Deux conseils scolaires ont indiqué offrir cette option.

Parmi les 24 766 élèves inscrits au sein du conseil scolaire public anglophone, 2231 ont opté pour l’école non virtuelle à la maison durant l’actuel semestre.

Chez les francophones, le conseil scolaire catholique Providence indique que 10 élèves ont opté pour cette formule dans l’ensemble de son conseil. Au conseil scolaire public Viamonde c’est 2 élèves de Windsor qui sont concernés et 100 dans l’ensemble de la province.

S’il y a moins d’élèves suivant ce modèle aujourd’hui qu’il y a quelques mois, il reste tout de même sollicité, selon Sophie Flammier. ‘Maintenant ils ne sont que 15 dans sa classe [celle de Chloé]. Ils étaient 27, 28 en début d’année, ajoute-t-elle.

Mme Flammier reconnaît que cette formule nécessite beaucoup d’engagement de la part des parents et reconnaît que cela est possible en ce moment parce que son mari et elle sont à la maison.

C’est plus pratique le fait qu’on soit tous à la maison. Si elle a besoin de nous, elle nous demande. Si les instructions ne sont pas tout à fait claires pour nous, on envoie un message au professeur qui nous répond rapidement, conclut-elle.

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